Trier sur l’autre : l’art de contribuer

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Trier sur l'autre ou l'art d'identifier où placer l'effort pour contribuer le plus ?
Où placer l’effort pour contribuer le plus ?

Vous sentez-vous à votre place dans votre travail ? Vos efforts sont-ils appréciés “à leur juste valeur” ? Vous avez le sentiment d’un manque reconnaissance et votre motivation en souffre ?

Vous voulez remédier à cela ? Et bien, j’ai une bonne nouvelle : vous êtes peut-être le premier responsable et avez le pouvoir d’y remédier en profondeur. Le secret : contribuer. À la clef : motivation renouvelée et reconnaissance en hausse.

Pour quoi je travaille ?

Identifier la mission de son entreprise, c’est la base.

Si vous deviez rédiger le spot publicitaire de votre entreprise, quelle serait sa promesse ? Quelles sont ses valeurs, quelle est sa mission, quels sont ses objectifs ?

Quel facilitateur êtes-vous pour votre employeur ?

Dans ce contexte, si vous deviez rédiger votre propre spot publicitaire, quelle serait votre promesse ? Quel est votre rôle là-dedans, comment contribuez-vous à faciliter la réalisation de la mission ?

Cette clef découverte à la lecture de “Convaincre en moins de 2 minutes” a été pour moi un réel électrochoc qui a modifié à jamais mon point de vue du travail. En redécouvrant ma dimension de contributeur, la relation se clarifie et la reconnaissance augmente.

Il n’y a plus de malentendu. Je ne m’essouffle pas à pousser dans la direction que je considère comme meilleure mais j’identifie là ou investir l’effort.

Il n’y a pas de vent favorable à l’embarcation qui ne sait ou elle va (Sénèque)

Créateur ou contributeur ?

J’ai entrepris une formation passionnante au web marketing qui revient justement sur ce piège. Où est notre valeur ajoutée ? Dans notre capacité à être de brillants créateurs ou dans notre faculté à répondre à la problématique de notre interlocuteur ?

Pour aider, miser sur l’empathie

L’empathie est-elle accessible ? Peut-on se mettre à la place de l’autre pour comprendre ses sentiments et sa problématique ? Pour tenter une réponse pratique et objective, deux pistes ont retenu mon attention : les neurones miroirs et le concept de PNL : le tri sur l’autre

Les neurones miroirs

[Source : wikipedia)

Les neurones miroirs sont des neurones activés indistinctement lors d’une action observée et d’une action effectuée. Ils envoient un message nerveux correspondant et permettent en quelque sorte de vivre ce qui est observé de l’autre comme si c’était soi même.

Le professeur Ramachandran, une autorité dans le domaine, les appelle neurones empathiques. Une expression étant incarnée par des messages, notamment au niveau des mimiques, les neurones miroirs faisant vivre en interne cet état, ils renvoient directement à ce que l’observateur ressentirait s’il faisait lui-même la même mimique.

Ainsi, voir pleurer active les mêmes circuits que si l’on pleurait soi même, par l’intermédiaire de ces neurones miroirs qui nous permettent de reproduire les mouvements des autres. Ils nous sont utiles dans notre enfance pour apprendre à reproduire des gestes.

Vous doutez encore des neurones miroirs ? Repensez au moment où vous donnez à manger à un bébé et à votre bouche qui s’ouvre quand s’ouvre celle du bébé… à quel point votre mouvement est-il volontaire ?

Pour entendre, commencer par écouter

Dans nos échanges avec les autres, si nous sommes centrés sur nous-mêmes (comme c’est souvent le cas) nous nous privons de l’enrichissement qu’apporte l’écoute. Remarquez combien de fois vous-mêmes « décrochez » de votre interlocuteur, impatient de pouvoir placer votre réponse ou votre point de vue.

Trier sur soi / Trier sur l’autre

[Source : http://www.pnl.fr/pnl/lexique-pnl]

Dans une discussion, nous pouvons être centré sur nous (Trier sur soi) ou centré sur l’autre (Trier sur l’autre).

« Trier sur soi » revient à interpréter les propos de l’autre à partir de nos propres filtres, nos valeurs, nos expériences.

Nous trions sur nous quand nous donnons aux mots de l’autre un sens qui nous est propre, quand nous suggérons ou imaginons la réponse de l’autre à partir de notre compréhension, quand nous donnons des conseils ou des solutions qui, en définitive, ne sont que les nôtres.

« Trier sur l’autre » consiste à chercher à comprendre l’autre en explorant sa vision des choses. Par exemple, nous trions sur l’autre quand nous posons des questions ouvertes telles que « Qu’as-tu fait cette semaine ? ».

Quand nous lui demandons « Est-ce que tu es allé au cinéma ? », nous trions sur nous car nous l’enfermerons dans notre hypothèse.

Trier sur soi ou trier sur l’autre n’est pas bon ou mauvais. En PNL, on choisit l’attitude adaptée à la communication que nous recherchons.

Mais pour ce qui nous intéresse ici, retenons que trier sur soi est le meilleur moyen d’être « l’artiste maudit » qui souffre du manque d’empathie du monde…

Application en PNL

En PNL, on trie sur l’autre pour comprendre précisément ce qu’il dit sans interpréter ses propos.

Cette capacité est utile pour explorer les besoins de l’autre et pour découvrir comment il a vécu une expérience. Dans le cadre d’une relation d’aide, trier sur l’autre permet d’identifier rapidement les éléments structurels d’un problème afin de trouver les solutions adaptées à la personne.

Cette capacité donne aussi à l’autre les moyens de mieux se connaître. En devenant conscient du tri sur soi, nous découvrons nos mécanismes interprétatifs et comment nous créons du sens. Travailler le tri sur soi permet aussi d’apprendre à argumenter une idée.

Utilité

En triant sur l’autre, nous établissons une relation de confiance basée sur le non-jugement ce qui facilite considérablement la communication.

En pratiquant le tri sur soi et le tri sur l’autre dans une discussion, nous devenons conscient de ce qui nous appartient et ce qui appartient à l’autre. A partir de là, nous communiquons en acceptant les différences de l’autre et en se respectant soi-même.

Méta modèle

Nous avons chacun notre perception des choses que l’on appelle en PNL notre modèle du monde. Par ailleurs, pour décrire et partager nos expériences, nous utilisons le langage.

Notre langage peut donc être considéré comme un code descriptif de notre modèle du monde. Il est le modèle qui parle du modèle d’où le terme « meta modèle ».

Le langage est très imprécis car il ne peut pas décrire toutes nos expériences. Par exemple, si une personne dit « Hier, je suis sorti pour me détendre », on ne sait pas ce qu’elle a fait exactement ni à quelle heure.

En PNL, l’étude du « meta modèle » – c’est à dire du langage – permet de repérer précisément les mots et les tournures de phrase à questionner pour lever les ambiguïtés et ainsi clarifier notre compréhension.

Application en PNL

En PNL, le meta modèle est utilisé pour comprendre son interlocuteur et pour se comprendre soi-même.

Le meta modèle s’avère très utile pour comprendre les besoins et attentes d’un client, un collaborateur, un ami ou un enfant.

L’utilisation des questions précises du meta modèle aide aussi l’autre à trouver par lui-même de nouvelles solutions. Cette forme d’accompagnement favorise l’implication dans les actions à mener.

En appliquant le meta modèle sur ses propres mots, nous nous donnons les moyens de nous interroger, de comprendre certains aspects de nos fonctionnements et de découvrir des éléments non-conscients de notre personnalité.

Utilité

En utilisant le meta modèle, nous montrons à l’autre notre intérêt à le comprendre, . L’utilisation du meta modèle permet de prendre du recul par rapport aux propos de l’autre et de se sentir à l’aise dans les discussions.

En étudiant notre meta modèle, nous gagnons en autonomie pour nous comprendre, pour résoudre nos problèmes et pour trouver de nouvelles solutions.

Les trois grandes catégories du méta-modèle

[Source : http://generation-formation.blogspot.fr/2011/01/le-meta-modele-ou-lart-de-poser-de.html]

Bandler et Grinder ont donc classé les 12 structures qu’ils ont découvert en trois catégories. On appelle ces structures des violations du méta-modèle.

Les omissions

Quand nous disons des phrases comme « le client est informé », ou encore « je suis frappé par… », nous faisons des omissions. Il manque quelque chose dans la phrase pour que l’information soit complète.

« Informé de quoi ? », « frappé comment ? par un coup de poing ? de stupeur ? d’étonnement ? »

Les généralisations

Les généralisations sont par exemple « il faut envoyer la commande avant lundi » ou « ce modèle ne convient à aucun client ».

A partir d’un seul exemple, d’une seule expérience (voire aucune…) nous pouvons construire une croyance qu’un fait est vrai dans tous les cas. Peut-être est-ce la vérité, mais il est souvent utile de se poser les questions adéquates pour s’en assurer ou au contraire trouver des voies différentes.

« Et que se passe-t-il si la commande part après lundi, ou ne part pas ? », « n’y a-t-il vraiment jamais aucun client pour ce modèle ? »

A noter que le racisme, le sexisme, l’âgisme, et d’autres « ismes » sont des généralisations (« les jeunes sont tous des … », « les hommes sont … », etc)

Les distorsions

Il nous arrive également de modifier notre perception de la réalité pour la faire cadrer dans notre modèle du monde.

Si je dis, par exemple « Mr Untel ne m’a pas payé, c’est un escroc », je distords la réalité. Peut-être n’a-t-il pas payé parce qu’il est en congés, ou encore il a payé mais le chèque est sous la pile de papier sur mon bureau!

Écouter pour gérer un conflit

[ Source : http://www.studyrama.com/pro/efficacite-professionnelle/efficacites-professionnelles/gerer-un-conflit-harcelement-moral/ecouter-pour-gerer-un-conflit-15153.html]

Pour sortir des divergences, l’écoute est nécessaire. Écouter, c’est d’abord faire silence. Être actif dans l’écoute consistera à synchroniser, reformuler, questionner de manière pertinente.

Quelle autre attitude peut favoriser l’écoute ? Trier sur l’autre.

Observez les personnes à qui vous attribuez cette qualité d’écoute. Observez également autour de vous ceux et celles qui, de votre point de vue, n’ont pas cette qualité d’écoute. Quelle est la différence dans les attitudes de ces personnes ? Qu’est-ce qui fait que vous donnez aux uns le certificat de bonne écoute et aux autres pas ?

Il est possible alors que vous observiez ce que des spécialistes ont remarqué :

– pour les premiers, ceux qui sont véritablement dans une écoute active, leur attitude est tournée vers l’autre, avec le souhait de comprendre, d’être à la découverte de l’autre. Nous pourrions dire être à la découverte du modèle du monde de l’autre. Et ce sans interférer sur sa propre histoire, sur son propre modèle du monde. Nous nommons cette attitude : le tri sur l’autre.

– pour les seconds, l’attitude est différente, il y a tri sur soi. L’écoute se fait en partant de soi, en projetant soi sur l’autre. Et concrètement, après avoir écouté le début du problème, alors l’intervention sera un jugement ou un conseil. Il y a découverte de l’autre à travers soi.

Dans le cas d’une divergence, et en utilisant cette compétence, vous montrerez un esprit de découverte, une ouverture à l’idée de l’autre, et vous écouterez avec ce tri sur l’autre. Vous expérimenterez le tri sur soi dans d’autres circonstances.

(Publié par Audrey / Extrait de : Savoir Gérer Un Conflit, 2e Edition– Charline Licette, Coll. Efficacité professionnelle)

S’investir dans la pertinence

En l’occurrence, nous nous intéressons ici au conflit interne que nous entretenons en persistant dans la position du créateur, cherchant la reconnaissance pour la quantité et la qualité de notre travail, sans écoute pour le réel besoin à satisfaire.

Cette prise de conscience est une véritable délivrance qui favorise une nouvelle posture : celle du contributeur compétent, du facilitateur pertinent.

J’en parle en connaissance de cause. Cette clarification a fait tombé bien des conflits – tant internes qu’avec la hiérarchie. L’amour propre réagit parfois, attaché à son point de vue. La résolution revient alors avec mon mantra 🙂

Travailler mieux ce n’est pas travailler plus mais c’est souffler dans la voile dans la bonne direction. Je préfère être l’exécutant qui râle pour avoir raison ou le facilitateur qui permet de gagner du temps ?

En conclusion

Grandir dans son métier c’est pour moi lâcher prise là où on n’a pas le pouvoir d’améliorer quoi que ce soit et repenser son rôle. En se mettant à la place de l’autre, la relation hiérarchique change et les crispations éventuelles s’effacent, chacun essayant d’aider l’autre.

C’est d’ailleurs l’une des vertus des neurones miroirs : je me mets en empathie alors, tes neurones miroir te mettent en empathie à mon égard !

Le méta-modèle de la PNL est un outil puissant qui nous rappelle que contribuer, ce n’est pas « mieux connaître que l’autre son propre besoin » mais c’est s’ouvrir à une réelle découverte de la vision du monde de l’autre et de sa problématique.

Que notre créativité ne s’inquiète pas, elle sera toujours invitée à mettre son talent au service de la résolution de l’autre, mais attention au retour du créateur : contribuer c’est identifier l’outil sur mesure pour autrui et non pas, l’opportunité de refourguer nos idées préconçues coûte que coûte.

 

POUR ALLER PLUS LOIN : UNE PAGE DE RÉCLAME

Convaincre en moins de 2 minutes

Comme je le dis dans l’article, le livre qui suit a été pour moi un réel électrochoc qui m’a permis de rebondir dans mon travail malgré les restructurations permanentes et l’expérience funeste d’un management pervers pendant tout une période de ma vie.

Je l’ai d’ailleurs offert à mon frère pour l’aider à construire son autorité dans son métier, mais pas dans la confrontation et le bras de fer mais dans l’identification de son rôle et l’investissement pertinent de son énergie.

Convaincre en moins de 2 minutes

Convaincre en moins de 2 minutes - Nicolas BoothmanCe livre vous offrira, grâce à la maîtrise des bases de la PNL, toutes les clés pour : adapter votre mode de communication à la personnalité de votre interlocuteur afin d’établir crédibilité et autorité; savoir transmettre clairement en 10 secondes chrono l’idée directrice de votre exposé et capter l’attention de votre auditoire; maximiser chaque opportunité professionnelle.

Nicholas Boothman, adepte de la Programmation neuro-linguistique, conduit de nombreux séminaires en Amérique du nord et en Europe.

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Photo CC : Robert Couse-Baker / flickr

 

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